GHANA : Quelques aspects du temps du récit dans « Journal d'une bonne » de DISSIRAMA BOUTORA TAKPA

Publié le 18/09/2019 09:23:58 | dissirama.com

Extrait du mémoire... "Nous avons constaté que tous les quatre moments de la narration se manifestent dans l’œuvre et contribue à amuser et à informer les lecteurs".

Conclusion :

Dans notre analyse sur « Quelques aspects du temps du récit dans Journal d’une bonne », nous avons voulu démontrer que le temps joue un rôle très important dans le récit. Ainsi, ce travail a pour but de chercher comment les quatre moments de la narration apparaissent dans le récit et à quel effet ils sont employés. Nous avons également cherché à trouver les techniques de la vitesse et comment elles se manifestent dans la narration ainsi que les effets qu’elles créent. Nous avons constaté que tous les quatre moments de la narration se manifestent dans l’œuvre et contribue à amuser et à informer les lecteurs.

La narration ultérieure a été employée dans l’œuvre pour nous informer du passé du personnage principal. Cette narration nous mène à comprendre tout ce qui lui est arrivée pour qu’elle finisse par être une bonne, dans la maison même où elle a fait ses premiers pas.

A travers la narration antérieure l’auteur nous communique les anticipations du personnage principal. Ainsi, nous arrivons à partager ses projets futurs. L’un des messages que nous communique l’auteur en se servant de cette technique, c’est que même avec ces haillons qu’elle porte à présent, Agathe garde des rêves d’un avenir beaucoup plus joyeux.

La narration simultanée nous amène dans la pensée d’Agathe où nous lisons ses monologues intérieurs à partir desquels nous partageons ses soucis, son impuissance et l’effet de l’exploitation qu’elle a connu.

Nous avons constaté aussi qu’ à partir de la narration intercalée, Paméla, l’agenda nous est introduit. C’est ce procédé qui a permis à l’auteur de s’effacer derrière Agathe presque tout au long du récit et finalement derrière Féçal qui termine le récit après la mort d’ Agathe. Donc se servant de la narration intercalée il laisse la parole complètement à Agathe et à Féçal pour que le récit nous apparaisse plus crédible.

La vitesse de a narration qui nous permet de réfléchir sur le rythme du roman peut se mesurer à partir de quatre modes fondamentaux à savoir la scène, le sommaire, la pause et l’ellipse ces modes fondamentaux de la vitesse ont joué des rôles différents qui touchent au déroulement des événements et le développement de l’action. La scène nous permet de lire les paroles que s’expriment les personnages.

Le sommaire qui résume et condense en peu de mots ce qui s’est passé pendant une longue durée de temps, a pour but de faire filer le récit. A travers cette technique, Féçal nous résume la mort inattendue d’Agathe dans une façon très choquante et inattendue. Le sommaire nous apporte aussi des indices qui nous font remarquer la fuite du temps. Avec le sommaire, le récit nous semble mené de façon très vive et alerte. L’ellipse qui laisse dans l’ombre des pans entiers de la diégèse (histoire) a pour but de faire filer le récit. Elle n’existe pas dans l’œuvre du fait que l’actant narrateur s’est chargée de nous tout dire.

La pause permet au narrateur de s’engager dans une description soit de sa maisonnée soit d’un Personnage. En se servant de cette technique l’auteur nous permet de pénétrer la pensée du narrateur. On peut citer comme exemple la description que Féçal fait d’Agathe à travers laquelle nous savons qu’il veut simplement nous dire qu’il la trouvait très belle en ses derniers moments. Il a passé au moins trois paragraphes décrivant d’autres choses qu’il aime de la personnalité d’Agathe et pour la première fois, nous remarquons que Féçal décide de l’ appeler Agathe et non plus Adjo. Ainsi, nous apprécions aussi que chaque romancier à sa façon, s’efforce de rendre sensible le passage du temps comme le fait Dissirama Boutora Takpa dans Journal d’une bonne. Dans le passé, Agathe était l’enfant unique et choyée de ses parents mais dans le futur elle devient une bonne, exploitée et haïe ; ses qualités, sa personnalité et sa beauté sont seulement reconnues après sa mort.

Nous pouvons dire que dans Journal d’une bonne, le but principal est de nous faire apprécier l’exploitation et l’injustice qui sont faites à de pauvres enfants. Une pratique qui constitue une nouvelle forme d’esclavage. C’est une forte impression que l’auteur cherche à laisser sur ses lecteurs en se servant de ces techniques.

Celles qu’on appelle pudiquement « domestiques » ou « bonnes » mais qui ne vivent que l’exploitation et l’insupportable ne sont pas différentes des esclaves d’antan. A cette fin, l’auteur a employé ces techniques dans son œuvre.

UNIVERSITÉ DE CAPE COAST (GHANA)
PRÉSENTÉE PAR OLIVIA ACHEAMPONG
SOUS LA DIRECTION DU DR. S. P. KRAKUE

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