Lycée de Hédjranawé

Publié le 20/09/2019 09:21:49 | dissirama.com

La problématique de l'exploitation des enfants en Afrique

Introduction

L'exploitation des enfants : entendez, le travail et le trafic des enfants est un thème qui est toujours d'actualité. Cette pratique, comme vous le savez, se manifeste aussi bien sur le plan national qu'international, et engage de ce point de vue les individus que les États.

Le phénomène tel qu'il se présente est, faut-il le rappeler, une pratique attentatoire aux libertés humaines qui va à l'encontre du droit international en matière de scolarisation, de protection juridique et sociale des enfants qui sont les principales victimes du fléau.

Au plan régional et sous-régional, le trafic des enfants a pris des formes variées, à la fois urbaines et rurales. Elles sont observées pour la plupart dans les pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre ou le phénomène a pris des proportions assez inquiétantes ces dernières années.

L'analyse du phénomène dans la plupart de ses manifestations (I) démontre qu'il s'agit d'un grave fléau dont les impactes néfastes sur le développement de nos sociétés (II), doivent nous amener à engager des moyens de lutte (III).

I/ LA MANIFESTATION DU PHENOMENE DE L'EXPLOITATION DES ENFANTS

Ici, nous nous intéresserons à deux aspects à savoir : les causes du Phénomène (A) et ses principaux acteurs (B).

A/ Les causes de l'exploitation des enfants

Au nombre des causes principales du fléau, vous l'avez deviné sans doute, la pauvreté (a) d'une part, et de l'autre, la recherche d'une main d'œuvre enfantine bon marché (b).

a/ La pauvreté

La première observation est que le niveau élevé de la pauvreté dans les régions impliquées, constitue la cause principale de l'exploitation des enfants. Au Togo, et dans les localités de l'intérieur qui sont pourvoyeurs d'enfants livrés au trafic, des parents échangent leurs enfants contre un vélo, ou une radiocassette. Certaines familles béninoises installées au Gabon depuis les années 70, vivent exclusivement de l'exploitation des enfants comme seul moyen de survie. Dans la même logique, s'ajoute à cette première cause, la recherche d'une main d'œuvre bon marché.

b/ La recherche d'une main d'œuvre enfantine bon marché

La recherche d'une main d'œuvre bon marché fait l'objet d'un trafic international ; car l'exploitation des enfants est une activité lucrative qui rapporte des revenus confortables. Et ce genre de commerce fait vivre les bourreaux. Le vrai danger, est que l'on en vienne à instrumentaliser les enfants de manière à en faire des soutiens de famille. Aujourd'hui les principaux acteurs de ce fléau sont bien connus.

B/ Les acteurs

Au plan urbain, ont distingue les foyers qui de plus en plus font recours aux domestiques ou aides ménagères. A ceux-ci s'ajoutent les intervenants du secteur informel qui exploitent ces enfants à des fins commerciales (le plus souvent comme portefaix).

Au plan rural, on note l'exploitation des enfants à des fins de rentabilité agricole.

Selon des études menées par l'UNICEF, on distingue au plan étatique, des pays "pourvoyeurs" d'enfants ; c'est l'exemple du Togo, du Bénin, du Burkina-Faso, et du Mali. Nous avons en outre des pays "transitaires" tels que le Cameroun et la Guinée Équatoriale, et des pays "récepteurs" tels que la Côte-d'Ivoire, le Nigeria et surtout le Gabon. ..

En fait, tout cela est rendu possible grâce à des réseaux puissants et bien organisés qui disposent de passeurs aussi bien dans les pays pourvoyeurs que ceux désignés comme des pays transitaires ou récepteurs. D'après des enquêtes réalisées sur le terrain, les tuteurs ou bourreaux peuvent amasser de 100 à 200 OOO Fcfa par enfant et par mois.

II/ Les impactes de l'exploitation des enfants

Le phénomène de l'exploitation des enfants génère en toile de fond un certain nombre de problèmes, tel la maltraitance des enfants, les abus sexuels, la non-scolarisation, le développement des déviances sociales chez les enfants victimes. Et n'oublions pas que quand on parle d'enfant, on parle de la relève de demain.

Mais l'aspect le plus inquiétant est que la population féminine est dominante parmi les enfants victimes. Et ce sont des femmes adultes qui sont les grandes animatrices de ces réseaux. D'après certaines observations, la prépondérance des filles exploitées vient du fait qu'elles sont plus dociles, souvent illettrées, mais sachant compter, et respectueuses de tradition. Quand elles atteignent l'âge de la puberté, elles peuvent se fondre dans un réseau de prostitution soutenu par leur tuteur. Ou encore, celles qui émergent du lot par leur qualité de travailleuses, peuvent être sollicitées pour un mariage.

III/ Les moyens de lutte contre le fléau

Face aux ravages du fléau, des actions aussi bien directes qu'indirectes ont été menées :

Les actions directes concernent entre autres l'engagement des gouvernements impliqués à lutter contre le phénomène. Au nombre de ces actions figurent l'adoption de nouvelles dispositions législatives. Celles-ci visent à protéger ces enfants et prévoient la condamnation par les tribunaux des personnes qui maltraitent les enfants, et le rapatriement des mineurs lorsqu'ils sont immigrés. Il faut ajouter à ces actions, celles des Organisations internationales telles que l'UNICEF et l'OIT qui s'appuient sur les principes définis par la convention des droits de l'enfant. Entre autres, elles privilégient la sensibilisation du public, la promotion de l'éducation et la mise en place de services médicaux et de soutien psychologique pour les enfants traumatisés par ces expériences. Cependant, l'OIT s'est résolument engagée à lutter contre le fléau surtout dans les pays comme le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Mali, le Nigeria et le Togo.

Enfin, les actions indirectes concernent la sensibilisation douce d'initiative individuelle dont entre autres, la création d'œuvres d'art ou de littérature sur le phénomène. Donc la présente assise s'inscrit dans ce type d'action ou personnellement, les réflexions menées sur le phénomène m'ont poussé à entreprendre une aventure qui a donné naissance à un roman que certains parmi vous ont déjà lu et dont le titre est Journal d'une bonne.

(Mars 2003)

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